Ci-après des extraits du compte-rendu du congrès Hopipharm par le Synprefh. Je n’ai pu y assister mais les sujets de cette session matinale sont de ceux qui m’intéressent.
L’assemblée professionnelle de la matinée, animée par Bernard Dieu, pharmacien au CHU de Rouen, avait pour thème « Nouvelles technologies de l’information et circuit du médicament à l’hôpital ».
1) PSIP
Elle a commencé avec la présentation du programme PSIP (sécurité des patients et procédures intelligentes pour la prescription) par Régis Beuscart du service Information et archives médicales du CHU de Lille. Il s’agit d’un projet européen d’identification automatique des effets indésirables des médicaments. En effet, les systèmes d’alerte existants ne prenant pas en compte l’environnement sont fréquemment désactivés du fait des alertes permanentes. Ce programme associe différents paramètres : la prise en compte des médicaments prescrits, l’analyse des résultats biologiques et des mots clés dans le dossier médical pour calculer un pourcentage de risque d’apparition d’effets indésirables. Il est prévu un essai clinique pour mesurer les bénéfices d’un tel programme avant son déploiement.
PSIP, je l’ai déjà évoqué avec PatientTouch. Et cela fait partie des projets de Suzanne Pereira. Je me demandais, depuis assez longtemps, si et quand ce projet allait être présenté à la profession. Car quand même, les pharmaciens hospitaliers luttent contre la iatrogénie médicamenteuse par le biais d’analyse de risques, de l’utilisation des outils Inter Diag Médicaments et ArchiMED, de recherche d’erreurs médicamenteuses, de CREX, d’analyse pharmaceutique, d’informaticovigilance. Et, là c’est l’exact opposé de l’informaticovigilance (où l’informatique est responsable d’erreurs de prescription, de dispensation ou d’administration), car ici l’informatique (sans pharmaciens) se charge de lutter contre la iatrogénie médicamenteuse. Le point épatant, c’est que ce projet aboutit à des résultats similaires à ceux d’ENEIS.
A ne pas manquer : la page des prototypes PSIP
Ref: Le projet PSIP confirme un taux de 4 % de séjours hospitaliers présentant des évènements indésirables liés aux médicaments
Prévenir les effets indésirables liés aux médicaments : Lille développe un projet européen
2) Cadre d’interopérabilité des automates
Ensuite F. Gener du réseau Phast et Olivier Boux, du GCS Emosist – FC, Besançon ont présenté le cadre d’interopérabilité des automates dans le circuit informatisé du médicament (avril 2012). Ce document est une aide à la rédaction d’un cahier des charges dans le cadre d’un appel à concurrence.
Le cadre d’interopérabilité dont Olivier Boux est le principal rédacteur, contient un modèle, une classification des automates et des scénarios (cas d’utilisation) assortis de leurs diagrammes de séquences UML. Ce cadre est indépendant des transactions standardisées utilisées. Ainsi Phast va s’en servir pour faire évoluer son standard PN13-SIPh2v2. Et le groupe IHE Pharmacy va l’utiliser pour créer de nouveaux profils qui viendront compléter le profil HMW (Hospital Medication Workflow – circuit intra-hospitalier). Profil qui est d’ores et déjà testable aux connectathons.
3) Certification des LAP
Pierre Liot du service qualité de l’information médicale de la HAS a présenté le projet de certification des logiciels d’aide à la prescription (LAP), introduit par la loi du 29 décembre 2011 avec notamment la nécessité de prescrire en DCI au 1er janvier 2015. L’option qui a été retenue par la HAS est une certification de niveau 1 : certification de produit. Le niveau 2 est la certification du logiciel dans l’établissement (certification d’implémentation. Le niveau 3 étant la certification d’utilisation incluant la formation des utilisateurs et l’organisation du circuit du médicament.
La 1ère version du document certification des LAP doit sortir dans une quinzaine de jours. Elle comprend 8 chapitres avec des critères obligatoires et optionnels. Parmi les critères obligatoires figurent : la prescription en DCI et la gestion des substitutions, les alertes de sécurité, les protocoles, les exigences pour la prescription ambulatoire, l’historique médicamenteux.
Parmi les critères optionnels qui pourront faire l’objet de critères obligatoires dans des versions futures, figure l’adaptation des posologies administrées.
Concernant les banques de données sur les médicaments (BdM) sur lesquelles s’appuient les LAP, il a été décidé d’un agrément des BdM et non d’une certification. Enfin, les LAP sans BdM (ex chimiothérapies) devront évoluer et fonctionner avec des BdM à l’échéance 2015.
Ca y est, c’est pour juin. Cette première version pourra toujours sembler décevante, mais elle est faite pour évoluer par palier. Et vu l’ampleur du travail avec les différents groupes qui ont débordé tout le circuit du médicament, la certification des logiciels d’aide à la dispensation (LAD) va prendre beaucoup moins de temps pour être publiée.
C’est pas qu’il a été décidé d’un agrément des BdM et non d’une certification, mais que c’est depuis le début comme cela et que cela ne va pas changer. Ce qui faut retenir de l’agrément, c’est qu’il est révocable si l’on constate qu’un critère de l’agrément n’est pas respecté. Donc lorsque l’on est mécontent des services de sa BdM, il ne faut pas hésiter, pourvu que cela colle à un critère, à réaliser un retour à l’HAS.
Il n’y a pas que les logiciels de chimiothérapie qui soient aujourd’hui dépourvus de BdM : des logiciels d’EHPAD, comme Easy’Ordo aussi. Après d’ici 2015, il sera peut être plus simple de connecter une BdM, et possible de choisir autre chose que Thériaque, Thésorimed, BCB ou Vidal : App’Ocrate pour iPhone et iPad http://www.appocrate.fr/ est là, et augure de nouvelles possibilités.
4) Dossier pharmaceutique
Enfin, Patrick Rambourg pour la section H de l’Ordre des pharmaciens et Paule Kujas, de la DGOS ont présenté le programme de déploiement du Dossier Pharmaceutique à l’hôpital. Les objectifs sont notamment d’optimiser la prise en charge des patients au travers de la conciliation médicamenteuse et d’assurer la continuité ville-hôpital.
Le projet d’expérimentation du DP par certaines catégories de médecins inscrit dans la loi du 29 décembre 2011 a été présenté. La publication du décret est prévue en septembre.
Le décret concernant l’accès du DP dans les PUI est actuellement en cours d’examen par le conseil d’état.
Le programme de déploiement du Dossier Pharmaceutique à l’hôpital, même avec tout le marketing de l’Ordre, c’est pas gagné. Le DP = les nombres de boites dispensées enregistrées par patient sur les 4 derniers mois. C’est tout. Et il faut “vendre” cela à son directeur comme une nouvelle dépense valant des milliers d’euros. Car ce sont bien les directeurs qui décident (cf HPST) de l’acquisition de ce service payant; mais ce sont les pharmaciens hospitaliers qui ont reçu le papier de leur Ordre leur demandant “Voulez-vous le DP ? Et quand ?”. D’où un très prévisible décalage entre les souhaits recueillis par l’Ordre et l’engagement effectif des hôpitaux.
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